François Rabelais (1494-1553) (Alcofribas Nasier)

"Tirez le rideau, la farce est jouée." (Dernière phrase de l’écrivain)

C'est à la Devinière que naît François Rabelais vers 1490. La maison de ville (aujourd’hui disparue) du père d'un des plus grands écrivains français se trouvait à Chinon, à quelques kilomètres à l'est.

La Devinière est située à Seuilly . Cest à l’origine la maison des devins.
En effet, le terrain sur lequel elle est bâtie était cadastré par le passé au nom du lieu-dit les Cravandières. En patois tourangeau, les cravants sont des oies sauvages. Un petit village sur l'autre rive de la Vienne s'appelle d'ailleurs Cravant-les-Coteaux (on y fait du très bon vin).

Le musée de La Devinière, toit d'ardoise, façade austère, s'ouvre sur la grande salle où trône la cheminée du roi Grandgousier. L'escalier de pierre conduit à la chambre des parents de l'auteur de Gargantua et de Pantagruel.

Si on en croit le « Gargantua » qui est presque autobiographique, Rabelais serait né en cours de route entre Chinon et la Devinière.  A cette époque, les dames de la bourgeoisie ne mettaient pas au monde leurs enfants en ville, mais dans leur maison des champs. La coutume voulait aussi que le départ ne s’effectue qu’aux premières douleurs. Aussi, les cahots de la route aidant, la naissance se produisait souvent avant l’arrivée.
Rabelais a passé son enfance à la Devinière et ne l’a quittée que pour terminer ses études à Angers et à Montpellier afin de s’initier à la médecine.
Du terroir tourangeau aux voyages romains, la vie de Rabelais se partage entre la littérature et la médecine, l'apostolat et l'apostasie (abandon public d’une religion pour une autre).

La Devinière est une construction rectangulaire, élevée d’un étage à laquelle on accède par l’extérieur. L'escalier de pierre conduit à la chambre des parents de Rabelais. Derrière le pigeonnier se trouve la maison natale de Rabelais. La cuisine se trouve au rez-de-chaussée. Dehors, sous la fenêtre, il y avait une gargouille qui permettait d'évacuer l'eau de l'évier qui se trouvait à l'intérieur. Avoir une gargouille, ou un linteau sculpté, était taxé. Mais c'était également une manière de montrer sa richesse. A l'intérieur, il y avait une seule grande pièce qui servait de cuisine. Des fenêtres laissaient entrer le jour. Les volets se trouvaient à l'intérieur, afin de les fermer durant l’hiver sans refroidir la maison. Le lit à quenouilles est d'époque. Dans la grande salle se trouvent de nombreux portraits de l’écrivain, la première édition critique des oeuvres (1771) et de nombreuses autres éditions originales.

Il existe tout un art pour visiter les sites rabelaisiens. Le vin de Chinon, dont Rabelais ne manqua pas de faire l’éloge, se doit d’accompagner avec modération la découverte de l’univers constitué de noms cités dans l’œuvre de Rabelais.