DU MARI A L’AMANT

Quand il n’était que mon Amant
Mon Dieu qu’il était charmant
Quand il n’était que mon Amant
Il avait des baisers troublants
De ces baisers pleins de passion
Qui vous coupent la respiration.

Aujourd’hui si j’ose tenter
Le plus innocent des baisers
Il s’essuie d’un revers de la main
"Tu m’as mis du rouge, c’est malin !"

Quand il n’était que mon Amant
Pour m’appeler tendrement
Il trouvait toujours quelque chose
Il disait : "Dis-moi mon pigeon rose,
Ou mon canard bleu".

Oui mais maintenant, il a changé,
c’est évident. Y’a plus de pigeon
Plus de canard, plus de bleu, plus de rose
Et mon prénom, je crois qu’il l’a oublié
Quand il veut m’appeler, il fait "hé !"

Quand il n’était que mon Amant
Il était tendre et prévenant
Si nous promenant, d’aventure
Je tordais un peu ma chaussure
De suite il se précipitait
"Tu t’es fait mal, mon petit poulet ?"

Aujourd’hui le même accident
M’attire des propos galants
"Enfin tu es extraordinaire
Tu passes ton temps à te foutre par terre !"

Ah depuis qu’il est mon mari
Il est beaucoup moins gentil ...

Quand il n’était que mon Amant
Mon Dieu, qu’il était donc charmant
Et j’ai cru que cela allait durer
Alors bien sûr je l’ai épousé
Si j’avais su évidemment ...

Mais voilà, on ne sait pas avant
Si je n’étais sûre que ce soit lui
Je ne le reconnaîtrais pas aujourd’hui.

J’aimerais retrouver toutes ses caresses
Et ces petits mots pleins de tendresse

Et je l’ai retrouvé, sans blague vraiment ...


Car depuis hier...j’ai un amant.


Texte d'Anne Marie Carrière
 

Mise en forme
Bernadette Goossens