Comme le traduisent ses différents noms, Pont-Audemer est née là où la traversée de la rivière était la plus aisée. Ce point remarquable où les éléments propices au dynamisme économique étaient réunis (forêts, eau abondante, riches prairies) est devenu un lieu de passage obligé d’échanges et d’installations artisanales.

     Rapidement, son dynamisme économique lui a imposé d’organiser sa protection : un château au XIème siècle, des fortifications au XIIème siècle et une charte des communes au XIIIème siècle.

     Les convoitises des uns et des autres lui ont apporté souffrances et  violences : pendant la guerre de cent ans et les guerres de religion ou par de fortes demandes royales en faveur des garnisons.

     Ville de lutte et d’ouverture, par une volonté farouche, elle s’est opposée aux envasements inéluctables de la Risle qui lui donnait ouverture sur la mer, vers le monde.

     Au XVIIIème siècle, grâce au flux et aux propriétés de la Risle, la ville pût s'enorgueillir de sa célèbre industrie qui comptait une centaine de tanneries bordant les canaux. Quant a sonné l’heure de l’industrialisation, elle a su faire appel aux étrangers au savoir-faire dominant. C’est ainsi que dès le XVIIIème siècle des ouvriers anglais et leurs familles sont venus s’installer à Pont-Audemer pour y apporter des techniques nouvelles sur le tannage des cuirs, pourtant spécialité de la ville depuis le Moyen Âge.

     L’anglais Eliott a introduit la fonte malléable pour la bouclerie, l’anglais Bayle après avoir construit des voies de chemin de fer y a créé une  papeterie, Thierry Hermès, le fondateur de la maison Hermès de Paris, est  venu de Prusse pour s’y installer et apprendre le métier de sellier.

     Ces étrangers avaient en commun la pratique d’une religion réformée : protestantisme et anglicanisme. Une grande solidarité existait entre eux qu’ont su mettre à profit les Pontaudemériens. Cet esprit d’ouverture, comme culture d’entreprise, a permis à la ville au cours des siècles de maintenir une prospérité presque constante.
Forte de tous ces équilibres, Pont-Audemer a su traverser la crise qui a fait suite aux trente glorieuses, saisissant une nouvelle fois les opportunités des industries de pointe, appelant des groupes étrangers, pour demeurer le cœur du bassin de population de l’Ouest de l’Eure.

     Ville de 9.360 habitants, Pont-Audemer est aujourd'hui une cité lacustre touristique. Les nombreux canaux où naviguaient les échaudes lui ont valu le surnom de Venise Normande. Tour à tour, ruelles, impasses, cours intérieures, dans le centre médiéval, dévoilent généreusement l'héritage préservé de son riche passé. Parmi les édifices qui l’honorent le plus, remarquable est l’église Saint-Ouen, arrêtée dans ses rêves de cathédrales, mais pleine de la vie de la cité.

     Aux détours des ruelles et impasses moyennâgeuses, le promeneur découvrira des maisons à pans de bois se mirer dans les eaux de la Risle qui courent derrière les façades. Du haut des petits ponts qu’enjambent les canaux, surgissent les lavoirs du siècle dernier et les anciens séchoirs des tanneurs.

     Les places se parent d'une abondante décoration florale, qui classe la ville "quatre fleurs" : savoir-faire, imagination, originalité et mise en valeur du patrimoine sont les atouts de réussite des campagnes de fleurissement qui ont déjà permis à Pont-Audemer d'obtenir une 4ème fleur au concours national des villes fleuries en 1998, maintenue en 1999 et confirmée en 2000 pour deux ans.